Live avec Jérémy (cofondateur d'Allo, The Mobile-First Company), animé par Lucas Mias (Jova).

Pourquoi on a interviewé Jérémy ?

Pour comprendre concrètement ce que veut dire "construire un Agent IA SDR". quand on l'a vraiment fait tourner en production, ce que ça remplace, ce que ça ne remplace pas, et par où commencer quand on n'a pas d'équipe tech.

Jérémy a 31 ans. Il a passé presque sept ans chez Spendesk, l'une des plus grosses startups françaises, comme premier employé et responsable growth : c'est lui qui a piloté le plus gros levier d'acquisition de la boîte pour passer de 0 à 50M€ de revenus, notamment via le cold calling et le cold emailing. Il a donc vu l'évolution de la prospection sur près de dix ans, du premier cold call en 2016 aux agents IA d'aujourd'hui.

Depuis, il a cofondé Allo, le produit phare de The Mobile-First Company (MFC), installée depuis un an aux États-Unis. Allo fournit des lignes téléphoniques d'entreprise nouvelle génération pour les PME de 2 à 30 employés : appels enregistrés et retranscrits par l'IA, mise à jour automatique du CRM, invitations de calendrier envoyées automatiquement. La société compte une vingtaine de collaborateurs (80% d'ingénieurs), a levé plusieurs dizaines de millions d'euros, et frôle les 10M€ de revenus.

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Le point de départ : arrêter de tout appeler "agent"

Pour Jérémy, il y a une vraie confusion sur ce qu'est un agent aujourd'hui. Il estime que 90% des posts LinkedIn et des tweets qui vantent des cas d'usage d'agents décrivent en réalité de simples workflows : un élément déclencheur, une action exécutée. Rien de nouveau en soi, l'IA a surtout rendu ce type d'automatisation beaucoup plus accessible qu'avant, là où s'inscrire sur Zapier ou n8n pouvait déjà freiner certains dirigeants.

Sa grille de lecture distingue trois niveaux, du plus simple au plus avancé.

Workflow, skill, agent : la vraie distinction

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Cette distinction conditionne directement le choix : un workflow suffit pour 80% des automatisations simples d'une boîte. C'est quand il faut beaucoup de personnalisation et beaucoup de règles que le skill, puis l'agent, deviennent la meilleure arme.

Sarah, l'AI SDR : comment elle fonctionne vraiment

C'est l'exemple qui a motivé ce live. Chez Allo, l'agent "Sarah" a sa propre adresse email et son propre numéro de téléphone. Sa mission : reprendre contact avec les leads "low qualified", ceux qui s'inscrivent sans avoir un profil ou un scoring suffisant pour justifier qu'un humain leur consacre du temps.

Concrètement : sur 100 personnes qui s'inscrivent sur Allo, 60 activent leur carte bancaire et testent le produit ; sur les 40 qui abandonnent, environ la moitié ne sont pas qualifiées. C'est cette moitié que Sarah engage, par SMS et par email (l'appel arrive ce mois-ci). Sa fiche de poste, comme celle d'un vrai employé : qualifier la personne (a-t-elle déjà un CRM ? va-t-elle inviter plus de trois utilisateurs ? utilise-t-elle déjà une solution concurrente ?), puis rediriger vers un commercial ou disqualifier.

Ce qui la différencie d'un simple workflow, c'est sa capacité à personnaliser : elle croise les données du CRM avec celles de l'outil analytics (PostHog) pour savoir de quel article de blog ou de quelle campagne publicitaire vient chaque inscrit, et adapte son message en conséquence. Certaines de ces règles de personnalisation, Jérémy admet qu'il n'y aurait même pas pensé lui-même.

Le coût : environ 30€ par jour, soit 6 000 à 10 000€ par mois pour ce seul agent : l'équivalent d'un salaire à temps plein, pour un volume de près de 400 emails et 400 SMS envoyés chaque jour, réponses comprises. Allo fait ici un choix délibéré : utiliser les modèles les plus chers du marché (Opus plutôt que des modèles chinois ou Gemini Flash, jusqu'à 10 fois moins coûteux), quitte à perdre de l'argent sur l'infrastructure, pour garder la meilleure qualité d'échange possible.